mardi 5 avril 2011

Le problème avec Royal, ce n'est pas Ségolène, ce sont ses fans

En faisant le tour sur LePost.fr des billets concernant la sortie aujourd'hui du projet du PS, je suis tombé sur un phénomène que je croyais pourtant disparu : le fanatisme pro-Royal.


En effet, ce billet tombe littéralement sur le PS qui a osé reprendre à son compte certaines propositions du pacte présidentiel de Ségolène Royal.
Je cite : "Le problème n'est d'ailleurs pas que le Parti socialiste reprenne ces idées. Le problème, c'est qu'il s'obstine, dans les moindres détails, à vouloir faire du Royal sans Royal".

En fait, comme Ségolène a défendu ces propositions en 2007, il faudrait soit que le PS renonce à les mettre en application, soit que ce soit Ségolène qui les défende. Pas une seconde, l'auteur de ce billet ne se dit "cool, je suis socialiste, et je retrouve dans le projet du PS des propositions que la candidate que j'apprécie défend aussi".
Après tout, Quel mal y a-t-il à ce qu'un parti Socialiste défende des positions socialistes, quel qu'en soit l'auteur ?
Non, il préfère penser "clan", "motion" et "désirs d'avenirs". Et, se croyant investi d'une mission divine, il répand la lumière : "toutes ces mesures figuraient déjà dans le pacte présidentiel de 2007 et dans la contribution "Combattre et Proposer" portée par Ségolène Royal au congrès de Reims".

Eh bien mon grand, elles ont été reprises, ça montre un respect des militants ça non ? Qu'aurais-tu dis, imbécile, si aucune des propositions de Royal n'avaient été reprises ?


Personnellement, en 2007, j'ai voté Bayrou au premier tour parce que je trouvais Royal à la ramasse. Depuis, je me suis rendu compte qu'elle est à la fois intelligente, courageuse et compétente.
Mais quand je vois le niveau de fanatisme atteint par l'auteur de ce billet, je me demande si j'ai envie de les suivre.

Une dernière pour la route (
On croirait une bande annonce de mauvais film américain) :
"En silence, elle prépare sa campagne des primaires.
En silence, elle affute ses arguments.
En silence, elle construit un projet novateur".
L'auteur de ce billet devrait faire comme son idole. Le silence parfois, c'est cool.

dimanche 3 avril 2011

MRC : mégalo ridicule compromettant

Certains ne l'ont peut-être pas remarqué, tellement il peine a occuper l'espace médiatique, mais Jean-Pierre Chevènement n'a pas abandonné l'idée de devenir un jour président.
Ce personnage que je tiens en ce qui me concerne pour responsable de l'échec de Lionel Jospin en 2002 (avec toutes les conséquences que ça entraine, dont notamment la nomination de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, avec les conséquences que l'on sait) continue à y croire.

Des preuves ? Une petite, insignifiante, que j'ai relevé il y a un an : il a payé une publicité sur facebook qui mène vers sa page. Surement une idée des quelques communicants en herbe qui l'entourent. Inutile de préciser que ça a été un bide total. Aujourd'hui, 62 personnes aiment sa page.

Une autre preuve, plus récente, est la publication d'une tribune dans l'hebdomadaire Marianne. Dans cette tribune, il pose une question rhétorique d'un humour incroyable : "un autre candidat (que celui du PS, ndlr) pourra-t-il occuper l'espace allant de Mélenchon à Villepin afin d'offrir à notre pays une perspective crédible de refondation républicaine ?"

En posant la question, il y répond presque. Nul doute que dans son esprit, ce candidat, c'est lui.
Ainsi, un mec qui rassemble 62fans sur facebook après avoir payé au prix fort une publicité menant vers sa page espère sans rigoler rassembler autour de lui l'espace politique allant de Mélenchon à Villepin ?

Sans déconner, je n'aime pas être vulgaire, mais ces mecs qui ne se sentent plus pisser parce que 200fans les applaudissent lors d'un meeting commencent à me gonfler. Non content d'avoir fait perdre la gauche il y a 10 ans, il veut remettre le couvert lors d'une élection où l'on s'attend vraisemblablement à avoir le FN au second tour.
C'est dommage, parce que j'avais lu la déclaration du nouveau président du MRC, et il y a dans leur questionnement et leur démarche pas mal de bon sens. Mais lorsqu'on laisse une tribune à leur "président d'honneur", celui-ci ne s'en sert pas pour relayer ces idées, mais pour faire de la pub à moindre frais sur son nom propre.

La pub sur internet se paye au clic. J'ai cliqué sur celle de Chevènement. Pas pour voir sa page. Juste pour qu'il paye.


jeudi 31 mars 2011

Un sans blanc de démocratie

Dans mon précédent billet, je rappelais que 9% des électeurs dans le canton d'Armentières se sont déplacés pour voter blanc.
Plus précisément, il s'agit de 1519 personnes, qui n'ont voulu voter ni pour Bernard Haesbroeck, ni pour Nathalie ACS.
1519 personnes, c'est plus que le total de toutes les réunions publiques faites au cours de cette élection.
Ca fait du monde, 1500 personnes, quand même. Eh bien leur vote n'est pas comptabilisé dans le pourcentage des "exprimés".
Pourtant, mine de rien, se bouger le cul jusqu'au bureau de vote et glisser un bulletin dans l'urne, si ce n'est pas pour s'exprimer, je ne vois pas bien à quoi ça peut servir.

Je pense donc qu'il faudrait les comptabiliser. Le blog du parti blanc dit "je réfute l'idée que le vote serait une chose sans importance, c'est au contraire un geste qui a son importance culturel".
Il a bien sur raison, en théorie. Parce qu'en pratique, l'analyse de Nicolas semble coller davantage à la réalité :
Pour les Européennes, ils votent au hasard, si possible pour un parti anti-européen et opposé au gouvernement en place. Pour les régionales, ils votent pour le sortant parce que, dans le fond, ils ne sont pas trop mécontent et qu'au final, le métro ne roule pas si mal... (Ben oui, la précédente élection date d'un an, et les transports collectifs en Ile-de-France sont le seul enjeu dont on se rappelle).
Et pour les cantonales ? eh bien ils ne votent pas, car ils ne connaissent pas l'enjeu. La démocratie locale au nom de la pseudo-proximité des élus avec les gens semble donc avoir échoué.
Dans ce cas de figure, reconnaître le vote blanc témoignerait davantage de cet échec. Bien sur, comme le dit Nicolas, ce ne serait qu'une rustine.
Mais quand 1500 personnes qui se déplacent pour voter refusent de mettre un nom dans la boiboite, faire comme si ça n'existait pas a quelque chose de génant.

j'ai donc calculé pour vous les résultats du canton d'Armentières, tenant compte des votes blancs :
Bernard Haesbroeck : 55, 68%
Nathalie ACS : 35,29%
Blancs : 9,02%

Ca a un autre avantage, celui d'être plus clair. On n'entendra plus dire personne que la gauche pèse 60% à Armentières et que l'extrème droite pèse près de 40%. Car ces gens qui se sont déplacés pour voter blanc, à une autre élection se déplaceront pour voter, mais pas forcément blanc, cette fois.

mercredi 30 mars 2011

Cantonales à Armentières : le système RPFN

Sur le canton d'Armentières, le candidat socialiste Bernard Haesebroeck a été réélu le dimanche 27 mars 2011 avec 61% des suffrages exprimés, contre 39% pour Nathalie ACS.

Ceci démontre deux choses : d'abord, l'UMP est soluble dans le FN, puisqu'une bonne partie de l'électorat de l'UMP au premier tour s'est reporté sur la candidature de Nathalie ACS

Le deuxième constat, c'est que la gauche ne progresse pas. En effet, 9% des votants on préféré mettre un bulletin nul dans l'urne. 9% de votes blancs. Ce n'est pas négligeable.
9% des votants ont fait l'effort de se déplacer pour montrer qu'ils ne voulaient ni du FN, ni du PS.

Certes, quelques dossiers locaux spécifiques à Armentières (stationnement payant, nouvelle place jugée parfois trop coûteuse) ont probablement joué un rôle dans ce vote. Mais certaines villes avoisinantes comme Bois-Grenier ont un score de vote blanc largement supérieur à celui d'Armentières.
C'est donc une partie des électeurs de droite qui montrent que, s'ils ne peuvent pas encadrer le FN, ils refusent toujours de faire confiance à la gauche. De ce point de vue, l'élection présidentielle de l'an prochain s'annonce plutôt mal pour le Parti Socialiste : le second tour se gagne au centre.

jeudi 24 mars 2011

Nathalie ACS sa stratégie sur l'ignorance

Désolé pour ce jeu de mot vaseux.

Néanmoins, il faut bien le dire, le fn et Nathalie ACS en particulier prennent les gens pour des cons. Entre un candidat de 93 balais qui avoue qu'il n'ira pas sièger s'il est élu, et des gamins poussés à l'élection juste pour permettre au FN d'engranger un maximum de voix, on a bien l'impression que le seul but du FN est de se servir de ces élections pour créer le buzz autour de Marine Le Pen.
On voit la haute idée qu'on se fait dans ce parti de la République et du fait d'être élu et de représenter les gens.


A Armentières, on en à une un peu moins demeurée que d'autres. Mais voici quand même, pour vous, une petite perle relevée dans la voix du nord :
"Je pensais faire un bon score mais je m'attendais à une triangulaire".
Cette "candidate" à l'air tellement concernée par son élection qu'elle ne s'est même pas renseignée sur le mode de scrutin.
Un candidat ne passe au second tour que si il réunit 12,5% des inscrits. Avec 60% d'abstention, 12,5% des inscrits ça fait près de 30% des votants. Seul Bernard Haesebroeck les a. Elle ne passe que parce qu'a défaut de deux candidats dépassant ce seuil, le deuxième est retenu pour un deuxième tour...

On hésiterait tout de même à la qualifier d'honnête.
En effet, admettre qu'elle ne sait rien sur le projet de nouveau collège, celui de la liaison Nieppe-Armentières ou encore sure Horseland, c'est honnête. Il y a même une certaine cohérence : le FN ne fera surement pas la même chose que ce qu'il appelle l'UMPS si, en arrivant aux responsabilités, il ne sait pas ce qu'il faut faire du tout.

Mais du coup, quand on ne connait rien aux dossiers, comment prétendre qu'ils sont mal gérés et proposer une alternative ?
Qui a dit "en misant sur l'ignorance" ?

Bref, aucune chance (et heureusement) qu'elle gagne ces cantonales dimanche face à Bernard Haesebroeck. Mais quand même, c'est triste que des gens si peu sérieux fasse la une de l'actualité depuis des semaines...

mercredi 23 mars 2011

La montée du FN ? Barratin à Armentières comme ailleurs

Je m'aperçois que j'ai oublié de donner le résultat en détail des cantonales de dimanche dans mon dernier billet.

Les résultats en pourcentages sur le canton d'Armentières et environs étant disponibles un peu partout, je vais plutot m'attarder sur les résultats en terme de voix, et, spécialement pour vous, je vais ressortir de mon chapeau les chiffres des précédentes cantonales.
Vous allez voir que c'est particulièrement instructif (je me demande même pourquoi personne ne l'a fait avant moi...).

Inscrits dans le canton : 38200 (tout pil). En 2004 (dernières cantonales) : 37589.
Abstention : 22989. En 2004 : 14311. (la participation est passée de 61% à 40% envrion).
Vote PS : 4984. En 2004 :8677. Solde : -3700.
Vote UMP : 2598. En 2004 : 5867.
Vote FN : 4036. En 2004 : 3617.

Quand on prend les statistiques, le FN est passé de 16% en 2004 à 27% en 2011. Soit +10%. Mais en fait, cette hausse ne représente que 419 voix, soit 1,10% des inscrits.

Dans une période où le chef de l'Etat est aussi impopulaire, où la crise fait des ravages, et où l'Europe et l'euro donnent des signes de faiblesse (sans parler de la fausse menace d'une vague d'immigration à la suite des révolutions dans le monde arabe), on aurait pu croire que tout était réuni pour que les électeurs du front se déplacent massivement.
Eh bien, seuls 1% des électeurs du coins se sont en fait rajoutés au score de 2001, une époque où globalement la France allait bien. Et encore, 1% par rapport au nombre d'inscrits aujourd'hui. N'oublions pas qu'il y en a 800 de plus qu'en 2001 !

Vous me direz : oui, mais le score absolu en terme de voix du PS et de l'UMP baisse largement, lui.
Je vous répondrai que ça n'a rien à voir, et même que justement, ça pousse à relativiser ce qu'on appelle "la montée du FN".

Prenons d'abord la baisse du vote PS : -3700 électeurs (en gros). Celà veut-il dire qu'aux présidentielles, ces 3700 ne voteront pas PS ? aucunement.
Alors, pourquoi ne sont'ils pas venus ? La raison est simple. En 2004, on votait aussi pour les régionales. Scrutin dont les enjeux sont généralement mieux perçus et pour lequel les gens se déplacent plus massivement, et votent davantage pour le PS. Ces électeurs sont donc venus voter PS aux régionales, et ont en bonus mi un bulletin dans l'urne, PS lui aussi, pour le canton.

Maintenant, la baisse du vote UMP : -2300 électeurs (en gros). D'abord, l'UMP est au plus mal en France. Ensuite, l'UMP locale à présenté un illustre inconnu et ne l'a pas soutenu du tout. Rien d'étonnant donc.

Ce qui est étonnant, c'est que sur 6000 électeurs en gros qui ont cessé de voter pour les partis traditionnels, seuls 400 se soient déplacés pour aller voter Front National.

Signe s'il en est que le FN n'a pas une base électorale beaucoup plus élargie qu'avant, même à Armentières dans le Nord.
Notons tout de même pour être parfaitement honnête qu'avec une abstention presque similaire, le FN obtient à Armentières seulement (et non pas dans le canton) 80 voix de plus qu'en 2010 lorsque marine le pen était candidate à la région Nord-Pas-De-Calais.

Il y a donc effectivement une petite montée. Mais rien de comparable à ce qu'on veut nous faire avaler.

lundi 21 mars 2011

Armentières : Canton est con, c'est pour la vie

Pendant la soirée électorale passée hier à Armentières, j'ai eu une furieuse envie de reprendre ce blog. Pour plusieurs raisons :

D'abord, le front national (sans majuscules, faut pas déconner) arrive en seconde position dans le canton derrière Bernard Haesebroeck, candidat du Parti Socialiste et Maire d'Armentières.
Je reformule : une nana que personne ne connait (Nathalie ACS), qui n'est même pas du coin (elle habiterait apparemment Marcq en Baroeul) arrive au soir du 20 mars 2011 en seconde position (devant l'UMP) aux élections cantonales, sans avoir fait campagne.

Pardon, soyons honnêtes, quand je dis qu'elle n'a pas fait campagne, ce n'est pas tout à fait vrai : j'ai reçu dans ma boite aux lettres un tract, vraisemblablement édité à Paris, sur lequel une demi page sur quatre parle du département.
Un exemple au pif : "protéger nos enfants et la qualité de leur enseignement en appliquant réellement une politique de tolérance zéro contre la violence dans nos collèges".

Voilà typiquement une proposition FN : tolérance zéro, c'est à dire qu'on vire l'enfant qui se bagarre ? Comme ça au lieu d'être encadré, il pourra aller se bagarrer dans les rues et renforcer le sentiment d'insécurité ?
Et même si c'est bien ça qui est proposé (j'en suis pas sur, j'essaie de deviner, le tract ne donne pas plus d'indications), comment on fait ? Depuis quand un conseiller général a-t-il le pouvoir de contraindre un directeur d'établissement à faire ce qu'il veut ?

Si Nathalie ACS passe ici, j'aimerais bien qu'elle détaille un peu.

La seconde raison qui m'a donné envie de reprendre ce blog, c'est l'écoeurement devant ce qu'est en train de devenir l'UMP. Pas seulement en France, avec une ligne de conduite stupide mais néanmoins cohérente défendue par J-F Copé, mais aussi et surtout dans le Canton d'Armentières.

Je résume : l'UMP, dont les candidats habituels (les maires de droite du coin) n'ont pas voulu se présenter par peur de la raclée, a sacrifié un illustre inconnu et l'a littéralement envoyé au casse pipe, sans aucun soutien ni moral ni humain :
1) Des maires de droite qui appellent dès le premier tour à voter Bernard Haesebroeck
2) Un candidat qui, bien qu'en fauteuil roulant, colle seul ses affiches
3) Toujours ce même candidat qui, le jour de l'élection, fait seul le tour des bureaux de vote, et que ses camarades laissent seul avec sa femme presque immédiatement après l'annonce définitive des résultats dans le canton.

Tout juste aura-t'on vu Michel Plouy, responsable UMP du coin supposé trouver un candidat pour le canton, discuter assez fermement avec le maire d'Erquinghem-Lys (divers droite, soit disant).
Nul doute que Michel Plouy, récemment devenu conseiller régional UMP, va laisser des plumes dans cette histoire, tant l'UMP local apparait divisé après le piètre score obtenu par son candidat dans le canton (17,56%).



mardi 2 février 2010

Bon anniversaire !

Aujourd'hui, on fête les 10 ans des réductions du temps de travail !

C'est l'occasion d'une petite mise au point :

D'abord, l'objectif premier n'était pas de créer une société parfaite où on est heureux en travaillant moins. C'est un effet secondaire de la loi.

Ce n'est pas la réduction du temps de travail qui était escomptée, mais le partage du temps de travail.
Et cela dans un seul but, créer des emplois. Or, toutes les statistiques témoignent de la réussite du gouvernement Jospin en matière de création d'emplois.

Aujourd'hui, on défiscalise les heures supp pour permettre aux gens de travailler plus s'ils veulent gagner de l'argent. Donc, il y a moins de travail disponible pour les autres. Vous savez ? Les autres... les flemmards qui au chômage, c'est incapables qui ne se lèvent pas tôt le matin...

En réalité, on perd de l'argent en termes d'impôts pour financer le chômage ! Oui, l'Etat finance le chômage, c'est ça, la destruction des 35h.

Certains voudraient nous faire croire qu'on est devenus un pays de fainéants, qui travaillent moins que leurs voisins européens. C'est faux, et en voici la preuve.

Lire aussi cet excellent billet de Nicolas, qui date de 2008 mais toujours d'actualité, pour montrer que les parlementaires idéologistes de droite qui se défoulent sur les 35h connaissent bien mal la réalité de cette réforme : lien.